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Que savoir du manque de l’autre, des espoirs du possible qui ne se réalisera jamais ? Tombe muette. Colère du départ imprévu. Effondrement intérieur, un repli de soi-même sur soi-même…. Joëlle W. – 4 avril 2025

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Que savoir du manque de l’autre, des espoirs du possible qui ne se réalisera jamais ? Tombe muette. Colère du départ imprévu. Effondrement intérieur, un repli de soi-même sur soi-même…. Joëlle W. – 4 avril 2025
Le premier jour… au couvent de Vaylats, on écrit. Et puis, on fait des rencontres…

La nuit, le chat l’adore dans ses brises complices, dans ses odeurs animales, dans ses jeux d’ombres et de lumières au gré des écheveaux de brume ou des nuages entre lui et la lune…
Fenêtre ouverte, symphonie matinale des oiseaux. Le ciel est blanc, et les bancs n’attendent plus de visiteurs.


Les mots comme des iles avec dessus des souvenirs éparpillés, empilés, enfouis. On tombe dessus, là, entre deux lignes au feutre bleu, sur la terre d’ici ou d’ailleurs, dans un champ, sur une plage, le long d’une rivière. Jamais sur l’eau, jamais dans l’eau. Si bien sûr…
Et je vole au-dessus des mots « ile, presqu’ile, rivière, forêt » me souvenant de l’impression de plénitude ressentie dans un rêve où je volais, survolant un village enfermé dans ses murs et d’où je m’évadais non sans avoir plané longtemps au dessus d’une foule de curieux…

Dans le ciel il n’y a pas de frontière, pas de pont ni de barrière. Rien n’y pousse que les nuages. Tout ce qui vole est libre. Ha ! M’enfuir au-delà…

Au delà c’est aussi planer et atterrir dans le monde des minuscules. Savoir regarder, deviner, apprécier ce monde merveilleux qui fait vivre notre planète, le dessus, le dessous, l’endroit et l’envers, écouter la nature qui nous parle, la goutte d’eau qui éclate sur la feuille de dessous, et la feuille qui se frotte sur l’écorce de l’arbre, et sous l’écorce, deviner la douceur de la sève qui circule, et… et reposer sur un tapis de mousse accueillante. Les mousses, un monde fascinant, colonisatrices de toutes les terres, des plus humides aux plus sèches et même les plus acides, les mousses pionnières donnant un terreau fertile pour qui veut s’enraciner.

Rêver les yeux grands ouverts, un projet, une gageure !

De ma fenêtre, je caracole au gré de mes envies, de mon humeur et du temps qu’il fait, le plus souvent au petit matin, aux premières lueurs du matin.

Les matins ne se ressemblent jamais. Couleurs, saisons, plein soleil, brumes.
Les brumes qui collent à la maison effacent les arbres, les champs, les couleurs même…
Côté cour, lever de soleil…
Ce matin, les nappes de brumes glissent sur les sillons attendant les semailles de printemps.
Les plaies ouvertes avalent goulûment les gouttelettes légères, un peuplier d’Italie émerge par moment de la nappe éphémère, dressant ses branches nues vers un ciel noyé.

Au-delà, je devine les collines jouant du brouillard en nuances de gris-bleu. Reste là, si près, la brumaille à portée de main. Ouvrir la fenêtre, tout doucement, deviner les premiers piaillements, caresser la chatte qui saute sur le rebord et fixer l’instant avec mes mots.
Bon dimanche !
En prenant mon café ce matin, j’ai repensé à l’un des articles publié en 2016… à l’époque, dans une « grande communauté » 🤗… Et pas trop le temps d’écrire ce matin ( presque comme tous les jours d’ailleurs en ce moment… à moins que ce soit une dérobade…), donc j’ai eu l’envie de relire cet article et de vous le (re) partager ici et sur mon autre blog humeuretcreationsramaje47.fr
Bon vendredi amis d’écriture et de lecture !

« Café ? Oui je veux bien. Ou alors non, j’en ai déjà pris trois ce matin, merci. Mais c’est un mot de passe. On appartient à la même civilisation. Le pouvoir du café, c’est également cette presque indifférence surjouée avec laquelle on va le consommé, en parlant déjà, pris par le sujet. Non, pas de sucre. Presque plus jamais de sucre. C’est dans le code aussi. Maigret touillait lentement avec une cuillère, au moins deux sucres, sur le zinc. Ça faisait partie de l’enquête. »
Vous me direz, ce texte, chacun d’entre nous, aurait pu écrire sur le sujet… Plus ou moins la même chose. Les uns à côté des autres, chaque mot simple sur le café, paroles dites, banales, en rencontrant un ami, une connaissance, en arrivant au bureau, en apprenant une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour réconforter, pour draguer, pour rompre… La référence à Maigret m’a surprise, m’a ravie… Bon, c’est vrai que Maigret ne boit pas que du café.
Mais rien que ce mot « café »… J’aime…
C’est aussi le lieu des rendez-vous, des retrouvailles, des projets, des complots… Nuit et jour, sur le zinc, café, café, p’tit blanc, bière, café, alignés. Les uns parlent à ceux qui écoutent, des derniers potins, du temps qu’il fait, ou qu’il a fait ou qu’il fera… Et parfois, ceux qui écoutent donnent des nouvelles du p’tit dernier, de sa femme, de ses vieux… Mieux que certains salons guindés et froids où l’on prend l’apéro, au café on y trouve une famille, non ?
Bonjour Philippe Delerm. C’est vous qui avez écrit ces mots !
Lecteurs, je vous livre la fin du texte que je bois – comme mon café – à petites gorgées non sucré, chaudes mais pas brûlantes, avec l’envie de fermer les yeux pour retrouver les bruits des cafés parisiens fréquentés dans une autre vie…
« A présent, le serré, l’amertume, et juste ce petit moment d’arrêt de la tasse blanche au bord des lèvres. Cette façon de ne rien prendre en prenant quelque chose, c’est une politesse que l’on se doit. En deçà de la convivialité. On n’est pas ensemble mais on est avec. Avec le monde, avec le jour, et quand même un peu avec l’autre.
Ca-fé. Les deux syllabes sonnent clair et sec, passent au-dessus de la rumeur, même dans les bistros les plus bruyants. Dans les cafés. On boit un café dans un café ; On joue sa vie dans la vie. »

Tiré de « Les mots que j’aime » de Philippe Delerm , Éditions POINTS série LE GOÛT DES MOTS (hors Série), octobre 2013.
Belle journée !
Me dégourdir les jambes…

Marre de rester confinée dans la maison à cause des tonnes d’eau qui tombent du ciel… Et voilà que la mairie annonce (via mon application illiwap) le passage en vigilance JAUNE du tronçon Lot-aval… Ma maison ne risque rien pour l’instant. Je suis, m’a dit Siri (mon monsieur téléphone), à 112 m au dessus de la mer. Alors j’ai sollicité Alexa ( m’a copine dans mon Écho Dot) pour connaître la météo du jour…
Comme je suis forcée-contrainte de porter mes « emballages recyclables » dans les conteneurs prévus à cet effet sur le territoire de ma commune, je fais d’une pierre deux coups et hop, j’embarque dans mon Picasso pour trouver après la contrainte un nouveau lieu d’exploration.

Je roule au hasard comme bien souvent et me retrouve sur la route du château de Laval – mon subconscient sans doute – toujours déterminée à redécouvrir cette sacrée petite église « oubliée » de Sainte Étienne de Laval…
Comme d’habitude, pas pris mes bottes… la terre est détrempée… c’est comme ça !

Et puis, le silence, la pluie fine et intermittente, un chien qui aboie quelque part. Mon terrain d’exploration, bois morts en pagaille organisée pour ralentir ma progression, pierres taillées éparpillées nues ou habillées de mousses, où mes pieds incertains peuvent vaciller, ronces heureuses de pouvoir griffer ma peau, me tirer les cheveux, et… la tâche rouge, inaccessible…


Voilà ma découverte du jour, j’ai fini par la rejoindre. Découvrir cette petite chose, saisir le bout de bois sur lequel elle est née, a grandi et puis juste la capturer avec nom appareil photo.
Rentrée, échevelée, crottée, mouillée mais heureuse ! La vie est belle encore !
Douce journée !