La lettre…

 

L'église du village, non loin de l'auberge....
L’église du village, non loin de l’auberge….

Je reviens de l’auberge, relais de poste du village, où je suis allé porter, comme chaque lundi, les fromages de chèvre que nous produisons à la ferme.

La vieille Jeanne me remet un pli, reçu le matin même. Je reste coite ; La lettre, elle est pour moi !

Je suis revenue à la maison, à toute vitesse, la tête à l’envers, le cœur en émoi, la curiosité me dévorant…

La lettre est là dans mes mains… Une enveloppe blonde, dont le format est plus grand qu’à l’accoutumé. Le timbre, en haut, est octogonal et l’encre noire, bave. L’écriture élégante est violette, à la plume. Je lis à voix haute :

« Mademoiselle Jeanne Dellac,
La ferme de la Combe,
Route de Monségur
Coteau de Ladignac sur Lot».

Trois lignes. Au dos, un petit cachet de cire pale ferme le rabat.

Mon cœur s’emballe. C’est la première fois que je reçois une lettre. Une lettre pour moi, rien qu’à moi. Je saute et danse comme une enfant. Dans ma tête tout se bouscule… L’émotion fait rougir mes joues que je sens en feu.

Mais qui peut m’écrire. Tout à coup, prise de conscience. Qui m’écrit ? Et pourquoi ? Je tourne et retourne la lettre dans mes mains fébriles… Quelque chose de familier ? Au dos, deux initiales, magnifiques, aussi bien tracées que sur le devant…

Elle est parfumée… J’approche cérémonieusement de mon visage le papier parcheminé d’où s’échappe des senteurs de roses…

Amitiés de flore...
Amitiés de flore…

Ce parfum est comme une clef qui ouvre ma mémoire, je connais la main qui a écrit cette missive, ce billet qui ne peut être que magnifique… Et mes souvenirs de pensionnaires me reviennent…

Ma tendre amie, jamais oubliée, juste un peu en sommeil… Une complicité, tant d’affinité… Nos vies si peu semblables tout comme nos origines…

Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné, et cours m’asseoir sur le banc de bois gris au bord de l’étang. Avril, douceur du printemps… Je glisse mon index sous le volet, brise le cachet, déplie soigneusement le papier blond et commence ma lecture :

« A Agen, ce jour de mars 1799

Ma très tendre amie… »

Au bord de l'étang, avril dans l'air...
Au bord de l’étang, avril dans l’air…

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12 commentaires sur “La lettre…”

  1. Hi hi… Mais patience… Tu ne vois pas la fumée au bout de mes doigts… J’y travaille, j’y travaille…
    Belle soirée et bisous
    Joëlle

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  2. Et bien moi aussi les bras m’en tombent… Tu es bien trop indulgente…
    J’ai déjà écris les toutes premières années de cette jeune fille, Jeanne, née en 1784… Mais je suis insatisfaite… Mais je travaille, je travaille… On verra !
    As-tu parlé de ta publication sur ton blog ? J’ai peur de ne pas avoir été bien attentive si c’est le cas ! Pardon d’avance.
    Quand à Flammarion… Pas grave 😉 !
    J’ai aussi préparer un tout petit recueil de poésies illustrées de quelques une des mes photos… Mais je n’ose franchir le pas.
    Pour ce qui est de la lettre… Je vais essayer une suite… C’est promis.
    Amicalement,
    Bises de Joëlle à Joëlle !

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  3. Joëlle,

    Je n’ai pu m’empêcher de voir la réponse que tu as faîtes à Didier-René que je connais du reste. Ton écrit ne doit pas voir le jour, alors là mes bras m’en tombent….

    Tu sais que tu es douée…Moi j’écris aussi des nouvelles et j’ ai même un roman qui dort dans un tiroir, je ne suis jamais arrivée à écrire la fin, donc il reste dans le tiroir.

    Par contre, j’ ai publié des recueils de poèmes mais pas, rire! chez FLAMMARION, qui ne publie sûrement pas les poètes…Mais via internet .

    Bon pour en revenir à ton roman où nouvelles j’adhère totalement…Encore!

    Bises d’EvaJoe

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  4. Bonjour
    Je viens te remercier de ton passage chez moi
    .Mon chez moi est très différent tu tiens
    qui est tout en douceur
    avec ce premier article que je découvre.
    et dont je lis les lignes avidité
    je reviendrai voyager dans ton monde
    éclatant de beautés
    je remercierai Didier René dont j’ai découvert
    les poésies il y a très peu de temps
    Amitiés d’une Fée nommée Celiandra

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  5. Bonjour Didier…Tu es un bien tendre brigand ! 😉
    Mais je n’imaginais pas une suite directement sur le blog car c’est un passage d’un de mes écrits qui ne verra surement jamais le grand jour !
    Mais pourquoi pas…
    Belle fin de journée ensoleillée,
    Bises
    Joëlle

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  6. bonjour Mamie Joëlle
    vite la suite..qui ne peut être
    que de tendresse de douceur
    et de tendre amitié…
    gros bisous et bonne journée..

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