« Homme ou femme, quand on part affronter le monde, on n’a qu’une envie : rentrer chez soi pour y trouver la paix. » John H.Clarke (1857-1945)
– L’un des anniversaires en Poitou-Charentes
J’ai eu tant de plaisir à rencontrer enfants, petits-enfants, sœur, amis… Mais je suis aussi si heureuse d’être là, chez moi…
– Un autre anniversaire…
Le froid s’est installé chez moi pendant mon absence, et ma chaudière a juste permis à ma vieille dame (un clic!), de ne pas geler… La mésaventure (un autre clic !) de l’an passé m’a servi de leçon !
Ce soir spectacle… A Fumel, on donne la 50ème de « CAFI », par la Cie les temps qui courent… Mais cela est une autre histoire !
…
Voilà déjà une journée que j’ai démarré ce billet et l’atmosphère est devenue douillette…
Follette regrette un peu les radiateurs d’ailleurs et cherche à se blottir sur moi, tout le temps…
Ce matin il a plu.
Ce matin, je serais bien restée sous la couette, à écouter un petit air de jazz en feuilletant quelques magazines de décoration. Mais le devoir m’appelle, AG associative…
Ce matin, la vie, ma vie reprend son cours, comme je l’aime…
Une suite à la « lettre », le passage d’une histoire, qui s’est peut-être passée, ou qui aurait pu être… J’espère ne pas vous décevoir !
– Belle demeure non loin du péristyle et du Gravier, à Agen
« A Agen, ce jour de mars 1799
Ma très tendre amie…
Que de temps passé depuis notre dernière rencontre… Et tous ces événements qui ont bouleversés nos vies… C’est une prière que je te fais…
J’ai su par Limousin que tu étais restée au pays. Ma famille me manque terriblement. Si je risque cette missive, c’est que l’une des personnes qui m’hébergent, la plus fiable est décédée, et que j’ai très peur de ce qui peut m’arriver maintenant.
Je requière ta confiance et ton hospitalité, car j’ai décidé de fuir dès que possible. Peux-tu me faire savoir par Limousin si c’est possible !
Je te promets de te dire tout et le reste, dès que nous serons réunies.
Je t’en supplie, mon amie…Mon affectueux souvenir, et toute ma tendresse.
Ton amie, »
Au bas de la lettre, les deux initiales de mon amie… Je comprends mieux pourquoi après cette lettre mystérieuse.
A nouveau un bouquet d’émotions… Je me mords la main pour ne pas crier… Ce parfum, ces nouvelles… Que faire ? Je me souviens des événements qui ont eu lieu au village il y a quelques années… La violence entre les gens à Ladignac… Les idées font parfois bien des dégâts, plus que les actes, mais les deux y étaient alors… Des amis ont risqués leurs têtes pour si peu de chose, par ignorance… Et que dire de nos « seigneurs et maîtres », les habitants de nos châteaux alentours ? Les bons comme les mauvais, tous partis à l’étranger, ou emprisonnés, ou parti à l’échafaud…
Je ne peux laisser ma tendre amie, ma sœur de cœur dans cet embarras… Pourvu qu’il ne soit pas trop tard… A qui en parler en premier… A qui faire confiance…
J’ai mal au cœur et la tête me tourne. J’aurai du déjà me douter de quelque chose en voyant la destination sur le papier. La ferme de la Combe n’existe pas ici… Jamais même entendu ce nom . Heureusement le facteur, ce devait être Limousin, et la vieille Jeanne me connait bien ! Une alliée précieuse en ces temps de colère… Tout comme Limousin ! … Je retrouve Jeannot, à l’étable, dans la grange. Mon grand frère. Oui, mon grand frère, car en dépit de tout, ce sera toujours mon grand frère, ce garçon de cinq ans mon aîné avec qui je vis depuis seize ans… Il le restera malgré tout, malgré tous, le notaire, ma tante et son testament et ses aveux, mon autre mère…Un instant, je me fige… Jeannot me secoue par la manche…
Le vent domine chez moi depuis deux jours… Une fuite d’eau dans le toit… Il est temps de penser à re-couvrir cette bonne vieille dame d’une nouvelle couverture ! Cet été, si tout va bien !Alors un seau en permanence recueillera les larmes du ciel, pour ensuite les verser sur mes plantes vertes…
Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, l’endroit n’est pas stratégique et ne risque pas d’abîmer autre chose qu’un sol de ciment avec une évacuation extérieure ! Ouf !
Le ciel comme une vision de l’au-delà…
J’ai reçu cette jolie vidéo, mélancolie, qui sied si bien à l’automne… A notre état d’âme…
Alors, juste pour le partage, pour dire aussi que je ne suis pas seul(e) à ressentir ces choses qui font aller mal, ces instants d’abandon, cette nostalgie des moments heureux où les êtres aimés étaient encore parmi nous… Je pleure mon enfant, et ma petite fille, je pleure mon père, mes beaux-parents, d’autres familiers, des amis…
Comme beaucoup d’entre nous, d’entre vous je suis en manque d’eux, parfois un grand creux à l’intérieur me dévore, me diminue, le vide m’habite…
Mais, je connais chacun d’entre eux, je sais qu’ils ne souhaiteraient pas que je reste ainsi, alors je me raisonne, je parle d’eux, et ils vivent à nouveau au travers de mes mots, mes rires, ils assistent à chacun de mes pas, vers eux…
Je me raconte et le fais malgré la gène dans vos yeux et vos sourires de compassion. Qu’importe ! Vous êtes une écoute amicale, une oreille attentive et pour cela, merci.
… Moi en rêve j’ai vu Eblouissante et nue Son âme qui dansait Bien au-delà des nues Et qui me souriait…