Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister…

Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister
A cette envie de lire les vers d’une poétesse
Je n’ai pu choisir, l’une pour sa délicatesse
Ou l’autre, pour sa grande amabilité…

- Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère...
– Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère…

Marceline, et ses vers évoquant ses chagrins
Ses peines, d’avoir perdus ses amours, ses enfants,
Emue aux larmes j’ai lu, « l’oreiller d’un enfant »
A voix haute… Je ne me sens pas bien…

Alors j’ai visité Esther, poétesse de mon temps.
J’ai lu « Saisir l’instant ». Souvenir, où dans un wagon,
Sur le papier, j’ai, en quelques coups de crayon
Ma main croquée, que j’ai intitulé, saisir l’instant.

Un présent matinal reçu de ces textes chuchotés…
Vous les lirez, vous aussi, par-dessus mon épaule
Où, j’aurais tant aimé sentir leurs souffles…(1)

- Je veux avec vous partager ce court moment...
– Je veux avec vous partager ce court moment…

Je veux avec vous partager ce court moment
Dégustant encore, en habits de nuit,
Un doux café dans une tasse de porcelaine fleurie.

Bonnes fêtes de fin d’année… A bientôt !

De Marceline Desbordes-Valmore dans « Poésies inédites »,

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! Douce maman ! Cela me fait gémir …

 

- Saisir l'instant...
– Saisir l’instant…

Et d’Esther Granek dans « Je cours après mon ombre »

Saisir l’instant 

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

(1) A mes trois enfants…

Duras, château et vin près de chez moi…

Je viens de redécouvrir ce poème écrit il y a quelques temps sur un autre blog…
Celui-ci (Le blog de la Dame de Ladignac) vient de rejoindre apln et l’annuaire pour les nuls.(Voir rééditions de quelques articles en attendant d’autres découvertes…)
Une grande envie de partage pour vous faire découvrir ma région où l’Histoire se mêle souvent à la gastronomie…

Il était une fois…

Un château sur le toit d’un monde, le pays d’un vin fameux
Le Duras, qu’un palais de chair, trouvera capiteux.

- L'entrée du château de Duras
– L’entrée du château de Duras

Le palais de pierre, quant à lui, cinq siècles durant
Abrita au fil du temps, grands et petites gens.

 Tour à tour, au gré de l’Histoire, français, anglais
Rarement château et famille, marqua tant sa contrée.

Une terre autour tant et tant travaillée
Que vignerons, paysans et manouvriers

- Sur le toit de ce monde... Paysages façonnés...
– Sur le toit de ce monde… Paysages façonnés…

En sont réellement les maîtres. Hommage donné
A ceux, qui au fil des ans, la campagne ont façonné.

Les pans de ma robe ont frôlé ces pierres
Que d’autres avant moi ont usées.

Mettre mes souliers dans leurs traces
M’émeut plus qu’admirer miroir ou belle glace…

- Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés...
– Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés…

 

Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés
Fermant les yeux, j’ai senti, le rugueux de la corde posée.

Un instant, dans la chambre aux secrets
J’ai entendu murmurer les servantes et valets.

 Ma boite à images chargée, j’ai repris le chemin
De mon village caché où je me sens si bien.

Passants et visiteurs, je vous offre quelques vues
Je garde ici l’arôme délicat de ce vin que j’ai bu.

Une porte du château, en clair-obscur... Juste pour le plaisir...
Une porte du château, en clair-obscur… Juste pour le plaisir…

A vous de découvrir château de pierre, vin délicieux
L’esprit des lieux, les voix d’antan, ces biens précieux,

Que paysans et villageois, embellissent et maintiennent
Pour témoigner de leur histoire, un maillon de la chaîne…

 Première publication le 5 octobre 2012 par ladamedeladignac

Suite à la lettre d’Annette…

Le début, le tout début de ce récit se situe en 1784… La naissance de Jeanne…un début de vie… Mais chaque chose en son temps… Nous voilà quinze ans plus tard, en 1799, suite à une lettre bouleversante

–       Heu… Dis, Jeannot, tu te souviens de mon amie Annette ? Du château de Roquette, mon amie de pension ?

"- Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné"...
« – Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné »…

Jeannot rougit, fronce les sourcils.

–       Bé oui, que je m’en souviens. Si mignonette ! Je crois qu’elle est partie avec un oncle qui n’était pas d’ici. Même qu’on avait cru que la famille entière avait brûlé dans l’incendie du château… Boudiou, oui, que je m’en souviens ! Pourquoi tu me demandes ?

Et le voilà qui se tait… Un retour sur un passé récent et lointain à la fois…

Je regarde mon frère perdu dans ses pensées. Assurée de sa petite faiblesse qu’il avait pour Annette, je sens que le moment est propice aux confidences. Je lui demande s’il a eu des nouvelles récemment d’elle ou d’autres personnes absentes du village depuis les événements…

Sans un mot, il fait non de la tête…

–       Jeannot, je viens d’en avoir, lui-dis-je toute joyeuse….

A ces yeux tous ronds, pleins d’interrogation, je hoche la tête et lui tend la lettre d’Annette…

J’attends sa réaction, retenant mon souffle, à la fois inquiète et toute excitée…

Jeannot me regarde, regarde à nouveau la lettre… Son trouble est palpable… J’ai l’impression d’entendre les battements de son cœur… Il me sourit !

–       Ah, comme je suis contente, et je lui saute au cou… Dis, on va faire quelques chose pour elle, hein Jeannot ?

–       Du calme, du calme… Oui bien sûr qu’on va l’aider.

- La grange...
– La grange…

Nous voilà à comploter des projets plus fous les uns que les autres, échafaudant des plans simples ou compliqués. On rit, on pleure. On se dirige vers la maison, plus agités que jamais.

Et les parents… On le dit aux parents ?

Jeannot qui s’occupe de la ferme avec son père affaibli par un mal de poitrine récidivant, a une idée assez simple finalement.

–       Les parents ont besoin d’aide à la ferme. La « Bérue » n’arrive plus à rien. Maman la garde par amitié, elle n’a même plus de famille… Mais elle est trop vieille pour l’aider, bonne à trier les lentilles seulement… Une jeunette pour l’aider serait la bienvenue ! Qu’en penses-tu Jeanne ?

Et me voilà encore pendue à son cou, reconnaissante.

–       Ne reste plus qu’à organiser sa venue sans attirer l’attention des « autorités », dit Jeannot, sur le ton de la confidence.

Jeannot se charge de convaincre les parents. Il est à nouveau calme et serein, sur de lui. J’aime sa force tranquille.Il m’a toujours rassuré, protégé…

Je me vois attribuer le rôle de la messagère, avec pour mission, dés que Jeannot me le dira, de répondre au billet, de le confier à Limousin dès qu’il sera prêt pour sa tournée. Il ne rajeunit pas l’homme mais est toujours vaillant et sur !

Je retourne à la grange. Les volailles ne comprennent pas mon retard et attendent le grain que je leur distribue matin et soir. Le jour est bien avancé et le soleil s’enfonce déjà derrière la colline. Ma vie tout entière est en train de basculer.

Dans l’air frais encore, mes joues sont brûlantes ; excitation et inquiétude continue d’envahir ma vie. Au loin, des chiens se répondent, aboyant des menaces aux intrus éventuels. Je vais en avoir des choses à raconter à Annette…