Des mots aux photos…

Une nouvelle acquisition…

Un livre… Bashō, Seigneur ermite, l’intégrale des Haïkus, édition bilingue….

Voilà un magnifique support pour apprécier la vie, admirer le « travail » de ce grand maître. S’il est vrai qu’il est l’auteur de plus de deux mille haïkus, ce livre me permet d’en découvrir plus de neuf cent cinquante… Alors j’en sèmerai quelques-uns pour avoir le bonheur de les illustrer…

Bonne réflexion !

Mes yeux étincellent
d’avoir tant désiré la floraison –
Cerisiers pleureurs

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Toutes ces fleurs écloses
dans le vent printanier
éclats de rire

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En 1680,  Bashō a 37 ans…

Ah ! le printemps, le printemps,
que je printemps est grand
et ainsi de suite

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Les façades qui murmurent aux passants…

Elles sont là les façades à me regarder passer… Et moi, indiscrète, je l’enferme dans ma boite à images pour mieux la regarder, chez moi. Avant de partir, je caresse le bois, je cherche des yeux comme un espoir, une ouverture vers son intérieur, je lui murmure aussi un remerciement…

Enfin, le rapprochement se fait dans le silence de la nuit, enfin il n’y a plus qu’elle et moi, elle sur l’écran dernier cri de mon ordinateur et moi, humaine avide de mémoires… La faire revivre et la décrypter dans son aspect désuet, dans son charme d’autrefois… Bois peints défraîchis, usés, rongés, volets fatigués, incapables aujourd’hui de s’ouvrir au monde avec cette nostalgie d’un passé à jamais perdu…BERGERAC Boutique chaussures orthopediques NB pou web BERGERAC Boutique chaussures orthopédiques

Est-ce tes pans de bois, tes briquettes bien rangés ou tes croisées irrégulières qui m’émeuvent le plus ? Maison charmante, tu retiens toi aussi bien des histoires passées… des bruits de sabots sur les pavés de la ville… d’éternelles rumeurs que seule la ville propage… les cris des enfants qui jouent le long de ton mur, ceux des femmes qui rouspètent… des chiens qui aboient au coin des rues… enfin les crieurs proposant tour a tour, des petits pâtés salés tout chauds ou l’affûtage des lames de couteaux…

Le marché à sa place aussi devant toi, laissant les senteurs épicées, l’été, envahirent l’air chaud et pénétrer par les portes et les fenêtres grandes ouvertes…

J’emprisonne aussi ton image pour te dévisager plus tard… Je vois bien que ta façade triste d’hiver attend, tout comme moi, la belle saison, comme chaque année…

BERGERAC COLOMBAGES pour web BERGERAC – façade à pans de bois…

 Belle journée !

 

Sa chambre à elle…

« Le calme. Le gris[1] ». La chambre, immense. Des murs unis, anciens. Ici, le rectiligne est bannit. Quatre murs, deux fenêtres, une porte, close, la porte. Là, un grand lit de bois peint en gris sombre, tranchant. Placé là, de telle sorte qu’une fois les lourds volets de bois bleu lavande ouverts, elle puisse embrasser d’un coup tout le jardin.

Pour le plaisir des yeux à son réveil, elle a disposé à gauche de la fenêtre, quelques-uns de ses bonheurs préférés… Rien qui ne puisse blessé le regard… Guéridon précieux d’un peu d’intimité. Des rondeurs dans cet empilement de galets ambrés, plats et polis. Quatre. Le plus grand dessous est très clair, se détachant parfaitement sur la nappe juponnée fuchsia.

La lampe les rosesUn jeune enfant de porcelaine émaillée blanche, assis sur un banc esquisse un geste vers elle quand elle le regarde. Une bougie, ronde, rose pâle dans le photophore sur lequel s’appuie l’enfant, dresse sa mèche dans l’attente de la flamme réconfortante.

Ses yeux glissent encore doucement dans ce rite journalier vers le pot blanc au brillant irrégulier âgé, à l’anse généreuse, accueillant chaque semaine une douzaine de roses fraiches, boutons à peine éclos. Le parfum discret, subtil n’entête pas. La fraicheur des roses est aussi dans les tons doux de leurs robes. Le blanc crème domine. Parfois et différemment pour chacun d’elles, un ourlet irrégulier d’un rose soutenu, dans la tonalité de la nappe, rehausse leur pâleur… Encore. Une nuance délicate vert pâle donne aux pétales cette transparence particulière de la porcelaine fine de chine.

ENFANT DANS LE CADREEnfin, elle caresse des yeux le portrait, dans un cadre vieilli, de bois, écorché par la vie…


[1] Robert Pinguet – Passacaille