C’est sa voix, c’est lui qui m’appelait Jojo. Écho de la petite enfance, les souvenirs sont parfois dans des photos en noir et blanc, les souvenirs sont aussi en moi, quelque part dans des tiroirs qui s’entrouvrent parfois. Restent le plus prégnant, les voix. Jojo. En le pensant, en l’écrivant, c’est la voix de mon père que j’entends. C’est sa voix. Et puis, je ne l’ai plus entendue.
Aujourd’hui, ma soeur l’effleure parfois, et l’un de mes neveux…
Sur la route…Et toujours sur la route…Dîner chez nos hôtes…Jolie formule…Soleil ou lune ?Vingt minutes plus tard…Jour J, mise en place…Table d’honneur…Entre temps…
Juste deux photos, pour partager un brin de bonheur en photos inspirantes, de paix, d’invite à rêver, et capturer ces lieux mis en scène que nous offrent un propriétaire, osant la porte entrouverte à la vue des passants, partageant ainsi leur amour des choses simples…
C’est dans le carnet à dessins de mon grand-père qu’était rangé ce document. Un carnet format 18X26, avec une couverture défraîchie, entoilée, épaisse, entre gris et beige sale. Les feuilles qui le compose étaient assemblées en cahiers cousus, et de trois teintes différentes. D’abord, des feuilles d’un blanc jauni par le temps. Puis les feuilles suivantes sont d’un beige soutenu sur une face et bleu pale sur l’autre face. Et les dernières sont d’un gris bleuté parsemé de petits filaments plus sombres, et l’autre face, est bleu-vert… Des deux rubans qu’il possédait pour être refermé, il n’en reste qu’un en tissu épais couleur de rien, comme la toile de couverture. Le carnet est désarticulé pour avoir été beaucoup manipulé sans doute, de Paris au Havre, et du Havre à Paris, et ayant suivi notre mère dans sa longue vie de 94 ans. Une partie de notre héritage pour ma soeur et moi.
Le carnet et les feuilles. – ( clic sur les photos pour agrandir)
Le « tableau » n’est pas de mon grand-père, Georges Drouet. Il se trouve perdu dans le carnet, comme d’autres d’ailleurs… Il est signé, en bas à droite, à peine lisible. Mais au dos, quelques indices…
« Une corvée d’eau pendant la guerre de 1870-71 », tableau de Mr Couturier (Salon 1877) – (clic sur les photos pour agrandir)
Reproduction ? Original ?
En-dessous, un nom (illisible pour moi ) et un prénom, Constant, avec indication de son régiment, « soldat au 3ème (le 4 a l’air barré et sur ce conflit, pas de 43ème…)régiment d’infanterie de ligne, 2ème bataillon, 2ème Compagnie » puis « peintre anciennement boulevard Sébastopol 112 ».