Des « mots-valises » pour un air de bonheur…

Le petit matin a cela d’extraordinaire, après une bonne nuit de sommeil, c’est qu’il apporte la paix, un éclairage sur les jours difficiles passés, enfuis, et surtout, la promesse d’un nouveau jour chargé de petits bonheurs parfois minuscules, pour un sourire caché dans un regard, pour un bonjour lumineux jeté par la portière d’une voiture avec une main qui s’agite, pour la chanson qu’un enfant fredonne en rentrant de l’école et que vous croisez sur la route du village…

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J’ai retrouvé au fond d’un carton déménagé il y a quelques mois déjà,(j’en déballe un de temps en temps), un petit ouvrage qu’une artiste m’a offert… C’est un « FICTIONNAIRE ». Je suis sure que cela vous plaira… je vous offre deux de ces « mots-valises » et leurs définitions, juste parfaites pour illustrer mon texte de ce matin….

Il y a de belles nuits, de ces nuits qui donnent aux matins de belles inspirations…

C’est un air déjà entendu qui s’installe en elle, la nuit, familier peut-être mais elle n’arrive pas à le fredonner, il lui manque quelques notes chaque jour au petit matin, des notes absentes qui la font buter, s’arrêter, recommencer, et s’éveiller finalement. Elles étaient là, c’était sur et pourtant, il ne lui reste que des bribes, un air inachevé…

Un matin, différent, est arrivé, un jour qui compte, un jour de fin d’hiver, de fin de quelque douloureuse impression, un matin clair, frais de doux réveil… La mélodie obsédante et imparfaite, ne la fuit plus, même si, comme chaque matin, elle la visite avant qu’elle ne se réveille, elle en est sure, ce matin-là, l’air est là… Le creux de son oreille s’en souvient, 2014-03-11 09.33.44mais il est encore si loin, lorsque les derniers voiles du sommeil la quitte…

C’est comme ses jours… Ils ne sont plus les même ses jours… Ils sont comme ces moments d’avant fête, existants dans l’attente du merveilleux… Elle se surprend, parfois, par quelques notes lancées aux vents des jours qui passent… Ils lui renvoient des notes, les notes qui lui manquaient, peut-être, et l’air de ses matins, oui, celui qui était si loin, si familier et si inaccessible, qu’il en devenait obsession, cet air enfin s’approche un peu, s’accroche là où il peut… Chaque jour un peu plus. Il glisse dans son oreille, comme un murmure et tendrement se pose au creux de son âme, s’étire comme si lui aussi sortait du sommeil, ôtant de son impalpable corps, 2014-03-11 09.32.39tout le superflu, le déjà jamais vu, le douloureux, l’insupportable, et l’air se met à grandir, à grandir là, au berceau de ses pensées, à chaque battement de cœur, à chaque bouffée d’air… Elle l’entend en elle…il est en elle comme un désir, un secret et prend ses aises….Grandissant encore, envahissant de toutes ses forces, l’espace qu’elle lui offre maintenant, délicieuse sensation d’une mélodie disparue, comme un ressac, il l’éloigne et la retient tour à tour et l’air l’habite tout entière. Elle est si bien, elle n’a même pas conscience qu’elle fredonne paisiblement ces notes d’un bonheur nouveau, ce tout nouvel enchantement…

Belle journée, avec soleil et douceur de vivre…

Le café du coin d’en bas du bout d’en face…

dismoidixmots-alafolie-slffJe suis sure que quelques un(e)s d’en vous connaissent la semaine de la langue française et de la Francophonie… (du 15 au 23 mars 2014).

Cette année « dis-moi dix mots… à a folie !

Avec comme contrainte les 10 mots suivants : ambiancer, à tire-larigot, charivari, faribole, hurluberlu(e), ouf, timbré(e), tohu-bohu, zigzag, s’enlivrer.

Mais vous en saurez plus en un clic sur le logo ci-contre…

J’ai fait le choix cette année de raconter cette fiction. Ecrire aide aussi à se débarrasser de cauchemars récidivants… Avec un peu de pratique de Hoʻoponopono (ho-o-pono-pono)… Ha… vous ne connaissez pas… Voir : Hoʻoponopono… Je connais qui sourit !

Donc, voici mon texte en espérant ne pas trop écorcher notre belle langue.

Le café du coin d’en bas du bout d’en face…

J’adore cette enfilade de mots : Le café…du coin… d’en bas… du bout… d’en face…

Je le murmure : Le café du coin d’en bas du bout d’en face,

Je le dis et le redis : Le café du coin d’en bas du bout d’en face,

Enfin, je le chante et le crie même, à tue-tête…

Je m’arrête nette. Je pense immédiatement à cette pub pour une voiture ; Qui c’est le patron ? C’est moi le patron…

Stupide, je suis stupide…

Ouf ! Je suis seule sur la place devant le café du coin d’en bas du bout d’en face, enfin presque… Il y a un chat qui traîne sa misère, tout pelé. Il a tôt fait de disparaître par le soupirail de l’une des maisons faisant face au café du coin d’en bas du bout d’en face..

De la musique s’échappe de la vitre mal fermée d’une voiture garée devant l’établissement. Je l’entends malgré le moteur qui tourne. Une porte claque et la voiture démarre en trombe.

Sur le trottoir du café du coin d’en bas du bout d’en face, une femme, sortie tout droit d’un journal de mode, ôte l’un de ses gants, d’une manière interminable, presque sensuelle…

Mais… Mais non… Impossible ! Elle regarde à gauche, puis à droite… La lumière du réverbère tombe sur elle comme une douche. Je reste stupéfaite… Cette femme c’est moi ! Enfin… Elle a le même visage que moi. !

Je m’approche à grandes enjambées, mais elle ne me voit pas, je dirais même plus, elle m’ignore. Elle pousse de sa main restée gantée la porte du café du coin d’en bas…

A peine entre-ouvertes, les portes laissent s’échapper des morceaux d’une musique criarde, genre « électronic », « groove »…Un tohu-bohu de tous les diables. Je lui emboîte le pas aussitôt qu’elle franchit le seuil et découvre que nous ne sommes pas seules ! A l’image de cette musique discordante et anarchique, une foule bariolée s’agite en tous sens, elle-même à l’origine d’une partie des sons hétéroclites…. C’est un vrai capharnaüm, une confusion totale, un flot de gens, non, pas des gens au sens humain, des êtres vivants aussi disparates qu’étranges. Certains – ils me semblent d’ailleurs qu’ils n’ont qu’un œil – font des zigzags, déboussolés peut-être par les sons, ou les boissons ? Les tables et les chaises encore non occupées flottent à vingt centimètres du sol…

La femme qui semble être moi, enfin, qui me ressemble, se faufile entre tous ces timbrés, et j’admire son élégance naturelle, son air désinvolte et son sourire amusé. Au comptoir elle murmure à l’oreille du barman… Encore un drôle d’hurluberlu, à la peau violette et qui, tout à coup, gesticule, levant au ciel ses bras, comme pour le prendre à témoin. Toutes les têtes ou ce qui semble l’être se retournent vers lui. Une ola de satisfaction se met à monter, comme une vague ambiançant l’atmosphère de plus belle. Un vrai charivari !… L’homme du bar remet ça… Je regarde à deux fois car il lève encore ses… Trois bras !

Je me sens mal… La tête me tourne avec une impression de déjà ressentie ; je suis au bord d’un gouffre. Un miroir au plafond ne renvoie des lumières produites par les yeux. Je délire…, Ferme les yeux… Je glisse, glisse, glisse, glisse… Je n’en finis pas de m’enfoncer… Je me sens observée… par un œil, deux yeux, des dizaines, des centaines d’yeux… J’étouffe. Caïn dans sa tombe… Pareil. Je… suffoque… Un immense sentiment de culpabilité me dévore, m’envahit, me consume du dedans…. Je me sens tanguer, je tourne, un vertigeee.

Au vacarme ambiant succède un air d’accordéon… et une voix au loin entame une chanson « Dans les campagnes y a les filles, les filles qui vont chercher l’eau, à tire larigot… ». Brel est là ? Mais non, Il est mort depuis déjà trente-six ans… Ma tête semble apprécier la baisse de volume… J’ose ouvrir les yeux. Mon double me regarde, elle est si près de moi que je devrais sentir son souffle… Rien.

C’est sure qu’avant, j’allais bien, avant… Avant quoi d’ailleurs… Je deviens complètement folle… Il faut que je me ressaisisse, que je reprenne en main mon corps, ma tête. Mais que m’est-il arrivé pour que je sois dans cet état ? Je suis coupable ? Mais de quoi ?

Une vague image, aussi légère qu’un voile, dans une lumière bleutée apparaît, mais je sens que je n’ai pas envie de la regarder cette image. Je résiste à la vision… Mais l’apparition résiste aussi et prend consistance. Une vieille femme tient ma main, riant, me racontant mille fariboles, riant maintenant aux éclats, son visage renversé s’évapore doucement, laissant visibles les os du crâne… C’en est trop… Je perds connaissance.

Une fois encore, je reprends vie. J’ouvre les yeux. Une lumière vive m’éblouie. Mes mains sont à plat le long de mon corps. Pas un bruit. Mon visage est à moitié prisonnier d’un machin qui enserre mon nez et ma bouche… Une femme, jolie, se penche sur moi et me murmure quelque chose….

« Alors, madame, quel est votre nom ? » puis elle renouvelle sa question « Madame ? Quel est votre nom, vous vous en souvenez ? ». Plusieurs fois, elle répète encore et encore. Le ton monte, finissant de me réveiller tout à fait. J’ai repris conscience, CONSCIENCE !

Dans la chambre d’hôpital, tout est calme. Je m’appelle Jeanne Vidal, j’ai bientôt cinquante-huit-ans. J’ai des enfants, des petits-enfants et… Que m’est-il arrivé ? Je me sens toute endolorie, et ma tête me fait un peu mal… Mais je suis là, dans un monde bien réel, rassurant où l’on prend soin de moi. Je referme les yeux, consciente brutalement d’avoir échappé à un attentat. C’est que m’a dit l’infirmière.

Tu viens prendre un potJe me souviens. J’étais dans un café sur les Champs Elysées, retrouvant avant son départ pour la Bretagne, une tante, âgée, tante Mathilde. Je lui racontais mon séjour à Saint-Malo, lors du festival international du livre et du film « Étonnants voyageurs ». Cet événement est très prisé des amateurs comme moi qui aiment s’enlivrer en dévorant des histoires de voyageurs lointains, d’aventuriers… Dans la ville emmurée, j’avais pris des photos de choses étonnantes elles aussi, bien sûr, ont une enseigne de café très amusante, le café du coin d’en bas du bout d’en face ! Et nous rions toutes deux et… Et un bruit énorme. Une impression de voler et de retomber brutalement, violemment.

Et ma tante ? Questionnais-je.

J’entends l’infirmière me répondre : « Malheureusement, madame, elle n’a pas survécu à ses blessures, Désolée, Mais vous, vous avez eu beaucoup de chance… ». 

©Histoire imaginaire d’après un cauchemar – Joëlle Lenne – (08 février 2014)

 

La revue « La Mode Pratique » en 1915

Quelques mots en guise d’avertissement aux lecteurs…
Pas d’a priori sur les articles, celui-ci et ceux qui suivront, dans cette catégorie dédiée à la guerre 14-18.
Je publie tels quels, les articles de cette revue de mode, « La Mode Pratique »…dont les avantages pour les abonnées sont « délicieux »avantages abonnes

« Ravissantes primes »…

Il y a quelques trésors que je vais partager avec vous… 

Pour ce premier article, la couverture de ce numéro du 10 avril 1915.IMG_0225

Parfois en noir et blanc, parfois en couleur avec les patrons en « papier de soie ».IMG_0226

 Le dessin es toujours de qualité…assemblage-couverturepour-web

 Le format réel en cm : 36 X 25,5.

La quatrième de couverture est dédiée aux publicités et petites annonces (prochain article)

La collection d’ouvrages n’est pas à vendre.

 

 

 

Délire printanier…

Parfois, on devient, bien malgré soi, le témoin de jolies histoires dont, peut-être, nous ne connaîtrons jamais la fin…
Ce banc m’a inspiré cette histoire..

le banc d'ailleurs
Regarder en arrière,
Repousser le brouillard,
Faire apparaître des souvenirs enfouis,
Rêver sur le banc de la plage pour écrire une histoire,
Avouer qu’on aime sans jamais l’avoir dit.
Rêver de baisers échangés, de caresses oubliées…
Donner aux choses du quotidien beaucoup moins d’importance,
Regarder son reflet, se dire qu’on est jolie,
Et puis…
Retourner sur le banc, regarder l’océan,
Vivre ce tout petit bonheur comme une grande histoire…
Se dire que la mémoire sait cacher des secrets,
S’accrocher aux nuages pour murmurer « bonsoir »,
Pester aussi sur le vide entre deux, qui donne le vertige…
Rager de contenir les émotions cadeaux,
Alignant, des signes accrochés comme des cœurs
Sur la gamme, des notes de bonheur…

gamme-fleurie-jwl-pour-le-web

Voilà les confidences d’une dame, sur un banc qui murmure à l’oreille d’un inconnu… Le printemps arrive sur la pointe des pieds… Et déjà quelques cœurs s’emballent…

Belle journée aux joyeux amoureux !

Les merveilles du ciel…

la perle de pluie

 

(Un clic sur la photo vous emmène dans ma galerie romantique)

Absence quelque peu prolongée dans ma tanière…
Mais hier matin, sous le porche, j’ai assisté à ce magnifique lever de soleil
J’ai emprunté à Racine pour vous en parler…

Belle journée et pardon si ma plume est un peu fatiguée ces temps-ci..

(Pensez à couper le son de la radio Deezer, si vous en bénéficiez, plus bas, colonne de droite)

 

Absences… Pour la Saint-Valentin !

 

Wedding BouquetUne pensée particulière pour ceux, qui pensent à leur Valentin(e) qui n’est plus, ceux qui attendent la rencontre,ceux qui se savent oubliés, ceux qui sont seuls, tout simplement aujourd’hui et enfin, pour ceux qui aiment en silence…

coeur et ange fond noirAbsences
Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
comme en un voyage m’évadant,
je suis là, présent et absent,
hochant la tête de temps en temps.

Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
combien de fois ai-je trahi
quand je semblais, yeux et ouïe,
attentif à mon vis-à-vis ?

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

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