Fouillis du fond du sac…

 Chaque jour j’écris de petits textes,
comme pour vider le sacs de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés
que je suis obligée de faire cela pour les retrouver…

Chaque jour j’écris de petits textes,
comme pour vider le sacs de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés
que je suis obligée de me faire de la place pour les retrouver…

Chaque jour je cris sans bruit dans le sac de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés que je peine à y mettre le nez, tant ils sont serrés.
Je me creuse la tête, je joue des coudes pour bousculez les plus récents,
et je m’enfonce doucement vers le fond, le noir, l’oubli, le rien…

... en grattant le grain du gris papier, d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier...
… en grattant le grain du gris papier, d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier…

Chaque jour je crie en écrivant des mots…et des maux…
et je m’ôtes chaque jour le poids d’un souvenir tombé tout au fond de mon sac…
Et que j’ai recueilli.

Je le crie en grattant le grain du gris papier,
d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier,
gravant, griffant le grimoire improvisé
d’un écriture au graphisme gribouillis, graffiti, chagrin,
égratignant, écorchant le manuscrit octroyé,
réceptacle de souvenirs oubliés, en mot à mot,
résumant le lointain de ma vie,
le lointain de ma jeunesse,
le lointain de mon enfance,
l’horizon de ma naissance,
où se mêlent évidemment, par la déchirure au fond du sac,
les souvenirs des autres qui viennent aussi puiser au fond de leur sac,
leurs souvenirs enfouis,
parfois, les leurs, parfois, les miens…

De chaque jour,
lorsque j’écris un souvenir,
venus du fond du sac,
du fond de l’oubli,
je laisse la trace du souvenir,
souvenir de ce jour qui s’enfuira bien vite lui aussi,
au fond du sac….

Pour faire le portrait d’un ami…

Je viens de me régaler en relisant « Pour faire le portrait d’un oiseau ». Prévert l’a dédié à Elsa Henriquez, qui, dit-on, l’a inspiré et illustra ses écrits.

Alors, j’ai écris ce poème…
Pour un ami, hors des communautés des blogs que je fréquente…
Et pour la communauté « des passeurs de mots », communauté où il fait bon lire…

D’abord un souvenir qui prend beaucoup de temps,
Un chapeau oublié sur des livres chagrins

... Un chapeau oublié sur des livres chagrins...
… Un chapeau oublié sur des livres chagrins… (Photo de J.F.Duloir)

Une foule de mots qui ne pourra s’écrire
Qu’en l’absence de l’autre, son oreille attentive.
C’est l’imagination qui dérive vers le sud
Où le soleil déjà à fuit à l’horizon
Quand la pendule sommeille
Quand minuit doucement
Vient pour flirter avec le jour suivant…
Ainsi, je le peindrai, pour un instant seulement
Dans un fauteuil en cuir, accoudoirs usés
Écoutant une messe, un requiem sublime
Ou autre poème merveilleusement chanté.
Et je le croquerais, de fusains, d’aquarelle

... Une perle de rosée délicatement posée Sur la rose douceur aux couleurs surannées...
… Une perle de rosée délicatement posée
Sur la rose douceur aux couleurs surannées… (Photo de J.F.Duloir)

Photographe gourmand des beautés naturelles
Une perle de rosée délicatement posée
Sur la rose douceur aux couleurs surannées
Et à nouveau, des rimes pour embellir ses lignes
Celles qui peuvent naître aux instants de bonheur
Chaussons aux pommes tout chaud, dans la chanson
Ou gavotte de la fontaine blanche, pour quelques pas de danse.
Celles aussi de ses lignes, qui dans les jours chagrins
Pleurent discrètement, tendant vers ceux qu’il aime

... Où mon ombre de brume propose mon épaule En un joyeux message aux mots doux et bien sages...
… Où mon ombre de brume propose mon épaule
En un joyeux message aux mots doux et bien sages… (Photo de J. Lenne)

Où mon ombre de brume propose mon épaule
En un joyeux message aux mots doux et bien sages.
Alors dans un poème, j’achèverai l’histoire
En capturant ses mots, qui porteront les miens
Dans le ciel de ce soir, sur une lune noire
Qui, comme la pendule qui ne dort pas encore
Enjôle, tour-à-tour, la nuit, le jour….
Elle portera, ô mystère de la science
Sur les ondes maléfiques qui portent tant de maux
les paroles attendues : « Oui, merci mon ami, je vais bien ! ».

 

communaute les passeurs de mots

L’oiseau nuage, vision éphémère…

Ma participation sur la communauté “les passeurs de mots“… administrée par EvaJoe…
Le thème du mois de Janvier : La plume et l’mage

J’ai cherché l’image d’une plume ou d’un nuage…
J’ai choisi celle-là, qui vit légère en mon cœur,
Je vous offre l’oiseau niché au creux des nuages
Qu’un instant j’ai fixé et qui finit… Vapeur…

L'oiseau nuage
– L’oiseau nuage

As-tu besoin de plumes pour t’envoler l’oiseau ?
Je te vois si léger, voler si haut, si haut…
D’aucuns diront que je t’ai inventé
C’est que leurs yeux ne voient plus que le laid…
Léger, tes grandes ailes déployées
Tu domines le monde sans jamais déranger.
Et comme ces nuages ou tu vas te dissoudre
Ce ciel inflammable où réside la foudre
M’attire et à la fois, me remplit de frayeur.
Le nuit vient, je reste seule avec mes peurs…

Le ciel inflammable...
Le ciel inflammable…

Pas d’inspiration… J’espère que je ne suis pas hors sujet ???

Beau week-end amis poètes et passeurs de mots !

Ode au chocolat…

Un seul mot à passer ce soir… Chocolat !parler-de-cuisine

 

« Le chocolat : Aussitôt que vous l’avez avalé en gorgées généreuses, cette perle, ce joyau, cette merveilleuse potion, …à peine a-t-elle commencé à fondre en vous, qu’elle vous lave, et vous purifie de toute amertume et de tout souci… et alors qu’elle circule en vous, ….elle vous rappelle par son flux agréable et libre, la chaleur torride du soleil ».

Lorenzo Magalotti ( XVIIème)

J’ai découvert cette phrase il y a quelques heures et je me suis souvenue avoir écrit un texte pour un billet… Une « ode au chocolat« …

En boisson, je peux le préparer avec lait et crème fraîche liquide et de la poudre de cacao. Un mot : onctuosité. Mais le texte qui suit…

Latte, closupVoilà quelques années que j’ai écris ce texte toujours merveilleusement d’actualité ! Peut-être certains l’ont déjà lu… Mais je l’aime bien alors, je vous en l’offre à nouveau… comme un chocolat !

Jeudi 29 septembre 2011
C’est déjà la fin du mois de septembre…

Depuis trois jours, je cherche à rédiger un billet sur mon histoire avec le chocolat. Mais je n’y arrive pas !
J’aurais pu dire dans ce billet, qu’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le chocolat. De ma plus tendre enfance, dans une maison de santé, où, pour quelques mois j’avais été placée, il me reste le souvenir d’un rayonnement bleu, et l’odeur envoûtante du chocolat que l’on servait dans des bols de plastique bleu. J’aurais pu raconter que ce souvenir odorant est toujours ancré en moi et que parfois il resurgit au détour d’une rue, chez des amis où séjournent des enfants ou des petits enfants… Un effluve, et l’image du bol bleu fumant arrive dans un flash…

 

Style: "P25"J’aurais pu dire ma passion de cuisiner qui m’a fait retourner à l’école hôtelière à quarante-quatre ans, dans le même lycée que mes enfants. J’y’ai découvert une autre façon de travailler ce trésor des lointaines contrées, le travailler en poudre, en copeaux, en ganache, en nappage, sucré ou amer, le marier avec des pistaches, des éclats de noix ou de noisettes, avec l’amande en poudre ou en pétales, ou encore de belles cerises amarena, l’étaler à la spatule, le fourrer dans une poche pour en remplir des choux…

Et j’aurais pu dire qu’il égaye souvent les fêtes de famille, que ce joyau noir, je le glisse dans un nid de papier coloré et enrubanné, et que, placé à gauche du verre, il est un gage d’amour et témoin de fêtes réussies, un présent à partager comme une pierre rare à regarder.

J’aurais pu dire aussi,que j’apprends à ne plus grignoter, et à gérer mes pulsions gourmandes. Qu’il est le seul, que je n’ai gardé que lui, LE carré de chocolat. Que j’ai soin de le choisir parmi ceux que l’on déguste, ceux qui, solitaires, sont revêtus des plus jolies robes, et qui promette un noir intense, un cacao subtil… J’aurais pu vous dire que c’est lui que je déguste le soir, sur le fauteuil, devant la cheminée ou sur le canapé de la terrasse, un bon livre entre les mains et Follette sur les genoux, juste avant d’aller retrouver les histoires de la nuit…

Mais si je vous avais dit tout cela, peut-être auriez-vous eu l’envie de faire comme moi, ne pas résister et vous précipiter sur vos chocolats, ceux que vous avez rangés et si bien cachés. Car moi, rien que d’en parler, j’ai l’eau qui me vient à la bouche, littéralement !

mon carre de chocolatBelle soirée amis, belle soirée !

 

 

Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister…

Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister
A cette envie de lire les vers d’une poétesse
Je n’ai pu choisir, l’une pour sa délicatesse
Ou l’autre, pour sa grande amabilité…

- Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère...
– Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère…

Marceline, et ses vers évoquant ses chagrins
Ses peines, d’avoir perdus ses amours, ses enfants,
Emue aux larmes j’ai lu, « l’oreiller d’un enfant »
A voix haute… Je ne me sens pas bien…

Alors j’ai visité Esther, poétesse de mon temps.
J’ai lu « Saisir l’instant ». Souvenir, où dans un wagon,
Sur le papier, j’ai, en quelques coups de crayon
Ma main croquée, que j’ai intitulé, saisir l’instant.

Un présent matinal reçu de ces textes chuchotés…
Vous les lirez, vous aussi, par-dessus mon épaule
Où, j’aurais tant aimé sentir leurs souffles…(1)

- Je veux avec vous partager ce court moment...
– Je veux avec vous partager ce court moment…

Je veux avec vous partager ce court moment
Dégustant encore, en habits de nuit,
Un doux café dans une tasse de porcelaine fleurie.

Bonnes fêtes de fin d’année… A bientôt !

De Marceline Desbordes-Valmore dans « Poésies inédites »,

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! Douce maman ! Cela me fait gémir …

 

- Saisir l'instant...
– Saisir l’instant…

Et d’Esther Granek dans « Je cours après mon ombre »

Saisir l’instant 

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

(1) A mes trois enfants…

Duras, château et vin près de chez moi…

Je viens de redécouvrir ce poème écrit il y a quelques temps sur un autre blog…
Celui-ci (Le blog de la Dame de Ladignac) vient de rejoindre apln et l’annuaire pour les nuls.(Voir rééditions de quelques articles en attendant d’autres découvertes…)
Une grande envie de partage pour vous faire découvrir ma région où l’Histoire se mêle souvent à la gastronomie…

Il était une fois…

Un château sur le toit d’un monde, le pays d’un vin fameux
Le Duras, qu’un palais de chair, trouvera capiteux.

- L'entrée du château de Duras
– L’entrée du château de Duras

Le palais de pierre, quant à lui, cinq siècles durant
Abrita au fil du temps, grands et petites gens.

 Tour à tour, au gré de l’Histoire, français, anglais
Rarement château et famille, marqua tant sa contrée.

Une terre autour tant et tant travaillée
Que vignerons, paysans et manouvriers

- Sur le toit de ce monde... Paysages façonnés...
– Sur le toit de ce monde… Paysages façonnés…

En sont réellement les maîtres. Hommage donné
A ceux, qui au fil des ans, la campagne ont façonné.

Les pans de ma robe ont frôlé ces pierres
Que d’autres avant moi ont usées.

Mettre mes souliers dans leurs traces
M’émeut plus qu’admirer miroir ou belle glace…

- Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés...
– Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés…

 

Sur la margelle des puits, mes doigts se sont posés
Fermant les yeux, j’ai senti, le rugueux de la corde posée.

Un instant, dans la chambre aux secrets
J’ai entendu murmurer les servantes et valets.

 Ma boite à images chargée, j’ai repris le chemin
De mon village caché où je me sens si bien.

Passants et visiteurs, je vous offre quelques vues
Je garde ici l’arôme délicat de ce vin que j’ai bu.

Une porte du château, en clair-obscur... Juste pour le plaisir...
Une porte du château, en clair-obscur… Juste pour le plaisir…

A vous de découvrir château de pierre, vin délicieux
L’esprit des lieux, les voix d’antan, ces biens précieux,

Que paysans et villageois, embellissent et maintiennent
Pour témoigner de leur histoire, un maillon de la chaîne…

 Première publication le 5 octobre 2012 par ladamedeladignac