Café-lecture… Mon attachement aux deux mots… sourires !

Voilà enfin l’aboutissement de quelque travail, pas trop « mal mené »…

Une petite bibliothèque (celle de mon village où je suis bénévole) durant une petite heure, participe à l’événement majeur de l’année concernant notre belle langue, le français.
La semaine de la langue française et de la francophonie, comme chaque année, nous permet de nous exprimer, de différentes façons, pour faire vivre les 10 mots !

Cette année, Dis-moi dix mots… à la folie ! Mais cela vous le saviez déjà, puisque j’ai publié un texte ici et qui sera lu demain !

Alors je ne résiste pas au plaisir de partager un café avec vous, à cette occasion, demain après-midi…

AFFICHE DIS-MOI DIX MOTS TRENTELS 2014

 

Belle fin de semaine !

Les merveilles du ciel…

la perle de pluie

 

(Un clic sur la photo vous emmène dans ma galerie romantique)

Absence quelque peu prolongée dans ma tanière…
Mais hier matin, sous le porche, j’ai assisté à ce magnifique lever de soleil
J’ai emprunté à Racine pour vous en parler…

Belle journée et pardon si ma plume est un peu fatiguée ces temps-ci..

(Pensez à couper le son de la radio Deezer, si vous en bénéficiez, plus bas, colonne de droite)

 

Absences… Pour la Saint-Valentin !

 

Wedding BouquetUne pensée particulière pour ceux, qui pensent à leur Valentin(e) qui n’est plus, ceux qui attendent la rencontre,ceux qui se savent oubliés, ceux qui sont seuls, tout simplement aujourd’hui et enfin, pour ceux qui aiment en silence…

coeur et ange fond noirAbsences
Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
comme en un voyage m’évadant,
je suis là, présent et absent,
hochant la tête de temps en temps.

Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
combien de fois ai-je trahi
quand je semblais, yeux et ouïe,
attentif à mon vis-à-vis ?

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

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Fouillis du fond du sac…

 Chaque jour j’écris de petits textes,
comme pour vider le sacs de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés
que je suis obligée de faire cela pour les retrouver…

Chaque jour j’écris de petits textes,
comme pour vider le sacs de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés
que je suis obligée de me faire de la place pour les retrouver…

Chaque jour je cris sans bruit dans le sac de mes souvenirs,
où certains sont si bien cachés que je peine à y mettre le nez, tant ils sont serrés.
Je me creuse la tête, je joue des coudes pour bousculez les plus récents,
et je m’enfonce doucement vers le fond, le noir, l’oubli, le rien…

... en grattant le grain du gris papier, d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier...
… en grattant le grain du gris papier, d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier…

Chaque jour je crie en écrivant des mots…et des maux…
et je m’ôtes chaque jour le poids d’un souvenir tombé tout au fond de mon sac…
Et que j’ai recueilli.

Je le crie en grattant le grain du gris papier,
d’une plume légère en acier, trempée dans l’encrier,
gravant, griffant le grimoire improvisé
d’un écriture au graphisme gribouillis, graffiti, chagrin,
égratignant, écorchant le manuscrit octroyé,
réceptacle de souvenirs oubliés, en mot à mot,
résumant le lointain de ma vie,
le lointain de ma jeunesse,
le lointain de mon enfance,
l’horizon de ma naissance,
où se mêlent évidemment, par la déchirure au fond du sac,
les souvenirs des autres qui viennent aussi puiser au fond de leur sac,
leurs souvenirs enfouis,
parfois, les leurs, parfois, les miens…

De chaque jour,
lorsque j’écris un souvenir,
venus du fond du sac,
du fond de l’oubli,
je laisse la trace du souvenir,
souvenir de ce jour qui s’enfuira bien vite lui aussi,
au fond du sac….

Ode au chocolat…

Un seul mot à passer ce soir… Chocolat !parler-de-cuisine

 

« Le chocolat : Aussitôt que vous l’avez avalé en gorgées généreuses, cette perle, ce joyau, cette merveilleuse potion, …à peine a-t-elle commencé à fondre en vous, qu’elle vous lave, et vous purifie de toute amertume et de tout souci… et alors qu’elle circule en vous, ….elle vous rappelle par son flux agréable et libre, la chaleur torride du soleil ».

Lorenzo Magalotti ( XVIIème)

J’ai découvert cette phrase il y a quelques heures et je me suis souvenue avoir écrit un texte pour un billet… Une « ode au chocolat« …

En boisson, je peux le préparer avec lait et crème fraîche liquide et de la poudre de cacao. Un mot : onctuosité. Mais le texte qui suit…

Latte, closupVoilà quelques années que j’ai écris ce texte toujours merveilleusement d’actualité ! Peut-être certains l’ont déjà lu… Mais je l’aime bien alors, je vous en l’offre à nouveau… comme un chocolat !

Jeudi 29 septembre 2011
C’est déjà la fin du mois de septembre…

Depuis trois jours, je cherche à rédiger un billet sur mon histoire avec le chocolat. Mais je n’y arrive pas !
J’aurais pu dire dans ce billet, qu’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le chocolat. De ma plus tendre enfance, dans une maison de santé, où, pour quelques mois j’avais été placée, il me reste le souvenir d’un rayonnement bleu, et l’odeur envoûtante du chocolat que l’on servait dans des bols de plastique bleu. J’aurais pu raconter que ce souvenir odorant est toujours ancré en moi et que parfois il resurgit au détour d’une rue, chez des amis où séjournent des enfants ou des petits enfants… Un effluve, et l’image du bol bleu fumant arrive dans un flash…

 

Style: "P25"J’aurais pu dire ma passion de cuisiner qui m’a fait retourner à l’école hôtelière à quarante-quatre ans, dans le même lycée que mes enfants. J’y’ai découvert une autre façon de travailler ce trésor des lointaines contrées, le travailler en poudre, en copeaux, en ganache, en nappage, sucré ou amer, le marier avec des pistaches, des éclats de noix ou de noisettes, avec l’amande en poudre ou en pétales, ou encore de belles cerises amarena, l’étaler à la spatule, le fourrer dans une poche pour en remplir des choux…

Et j’aurais pu dire qu’il égaye souvent les fêtes de famille, que ce joyau noir, je le glisse dans un nid de papier coloré et enrubanné, et que, placé à gauche du verre, il est un gage d’amour et témoin de fêtes réussies, un présent à partager comme une pierre rare à regarder.

J’aurais pu dire aussi,que j’apprends à ne plus grignoter, et à gérer mes pulsions gourmandes. Qu’il est le seul, que je n’ai gardé que lui, LE carré de chocolat. Que j’ai soin de le choisir parmi ceux que l’on déguste, ceux qui, solitaires, sont revêtus des plus jolies robes, et qui promette un noir intense, un cacao subtil… J’aurais pu vous dire que c’est lui que je déguste le soir, sur le fauteuil, devant la cheminée ou sur le canapé de la terrasse, un bon livre entre les mains et Follette sur les genoux, juste avant d’aller retrouver les histoires de la nuit…

Mais si je vous avais dit tout cela, peut-être auriez-vous eu l’envie de faire comme moi, ne pas résister et vous précipiter sur vos chocolats, ceux que vous avez rangés et si bien cachés. Car moi, rien que d’en parler, j’ai l’eau qui me vient à la bouche, littéralement !

mon carre de chocolatBelle soirée amis, belle soirée !

 

 

Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister…

Ce matin, mon ami, je n’ai pu résister
A cette envie de lire les vers d’une poétesse
Je n’ai pu choisir, l’une pour sa délicatesse
Ou l’autre, pour sa grande amabilité…

- Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère...
– Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère…

Marceline, et ses vers évoquant ses chagrins
Ses peines, d’avoir perdus ses amours, ses enfants,
Emue aux larmes j’ai lu, « l’oreiller d’un enfant »
A voix haute… Je ne me sens pas bien…

Alors j’ai visité Esther, poétesse de mon temps.
J’ai lu « Saisir l’instant ». Souvenir, où dans un wagon,
Sur le papier, j’ai, en quelques coups de crayon
Ma main croquée, que j’ai intitulé, saisir l’instant.

Un présent matinal reçu de ces textes chuchotés…
Vous les lirez, vous aussi, par-dessus mon épaule
Où, j’aurais tant aimé sentir leurs souffles…(1)

- Je veux avec vous partager ce court moment...
– Je veux avec vous partager ce court moment…

Je veux avec vous partager ce court moment
Dégustant encore, en habits de nuit,
Un doux café dans une tasse de porcelaine fleurie.

Bonnes fêtes de fin d’année… A bientôt !

De Marceline Desbordes-Valmore dans « Poésies inédites »,

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! Douce maman ! Cela me fait gémir …

 

- Saisir l'instant...
– Saisir l’instant…

Et d’Esther Granek dans « Je cours après mon ombre »

Saisir l’instant 

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

(1) A mes trois enfants…