Aquarelliste…

L'église noyée dans la brume
L’église noyée dans la brume

Oh ! Ne pas vous tromper,
Cette vue embrumée
Est celle d’un matin…
Et chez moi n’est pas loin.

Pour cette fin de semaine,
Là où les brumes traînent
Je vous offre ces vers
Avant que vienne l’hiver.

Un poème pour rêver,
Imaginer, traîner,
Dans un autre univers,
Celui d’Apollinaire…

À Mademoiselle Yvonne M…

Yvonne sérieuse au visage pâlot
A pris du papier blanc et des couleurs à l’eau
Puis rempli ses godets d’eau claire à la cuisine.
Yvonnette aujourd’hui veut peindre. Elle imagine
De quoi serait capable un peintre de sept ans.
Ferait-elle un portrait ? Il faudrait trop de temps
Et puis la ressemblance est un point difficile
À saisir, il vaut mieux peindre de l’immobile
Et parmi l’immobile inclus dans sa raison
Yvonnette a fait choix d’une belle maison

Yvonnette a fait le choix d'une belle maison...
Yvonnette a fait le choix d’une belle maison…

Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.
Derrière la maison s’étend un paysage
Paisible comme un front pensif d’enfant heureux,
Un paysage vert avec des monts ocreux.
Or plus haut que le toit d’un rouge de blessure
Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s’azure.
Quand j’étais tout petit aux cheveux longs rêvant,
Quand je stellais le ciel de mes ballons d’enfant,
Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,
Des paysages verts avec la maisonnette,
Mais au lieu d’un ciel triste et jamais azuré
J’ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

Guillaume Apollinaire, Alcools

La maison n’est pas simplement…

« La maison n’est pas simplement l’endroit où nous dormons, c’est l’abri sous lequel nous réfugions nos âmes »

Alexandra Stoddard (née en 1941), Décoratrice d’intérieur

La cheminée principale

 Jolie pensée philosophique, non ?  Une des raisons qui me fait aimer les vieilles demeures…Lorsque l’on y pénètre, parfois on ressent quelque chose, bien-être ou mal-être.. Mais cette sensation nous fait dire, « Cette maison, elle a une âme !« . Oui, elle est, elles sont habitées par l’esprit de ceux qui ne sont plus. Non ! Elle n’est, elles ne sont pas hantées, c’est pas ce que je veux dire, c’est que dans l’espace de vie, les pensées, idées, sensations, etc. ont été « absorbées » par les murs, les sols et les plafonds. Cela vibre et nous percevons plus ou moins fort, ces vibrations, qui, elles aussi, traversent le temps…

la grange merveilleuse
la grange merveilleuse

Restez attentifs quand vous visitez vos amis, ceux qui vivent dans ces bâtiments qui ont traversés les âges… Rien ne sera plus pareil…

Belle semaine !
 (Eléments du château de Pérricard – Eté 2013) 

… Je suis persuadée que je le savais…

« … Je suis persuadée que je le savais déjà alors. Je le savais comme…
Lorsque l’on aperçoit une certaine maison dans un certain paysage et que l’on se dit : oui, elle est pour moi, et c’est là que je veux vivre. »

Anita Sibrone (née en 1947)
Ecrivain américain

A la lisière du bois, je la vois, posée au flanc de la colline...Rien trouvé sur cette dame… Mais j’ai aimé cette phrase qui dit bien ce que j’ai ressenti lorsque j’ai découvert ma maison…

Cette « vieille dame » comme j’aime à l’appeler. Elle vit depuis 215 ans. Une jolie découverte il y a quelques années, au dessus de sa porte après avoir nettoyé le crépis… J’ai imaginé cet homme, fier de son ouvrage de bâtisseur, tailler, un peu maladroitement la date, 1797. La Révolution, la grande Révolution avait eu lieu seulement 8 ans auparavant…Il taille aussi une croix au dessus de la date. La croix protectrice, celle du Christ, celle de la religion catholique qui rythmait la vie d’alors.  Un grand chemin non loin, à quelques enjambées, passe là, allant de Libos à Penne d’Agenais. Tout autour de la maison bois et taillis. Il faut défricher, percer un puits, planter et espérer une bonne récolte… 

Au levant, la plaine, le Lot. Au couchant, la colline boisée et giboyeuse. Voilà. Il s’installe avec femme et enfants. Une nouvelle vie d’homme libre !J'imagine cette homme, tailler maladroitement la date, 1797...

 Je reviendrais vous murmurer la suite… Belle journée malgré la pluie !

 

Sous le porche des maisons…

« Sous le porche des maisons…
les anciens évoquent toujours les souvenirs qui relient le passé au présent. »

William Ferris (écrivain américain…né en 1942)

Je viens vous murmurer ici, des petits billets dédiés aux pierres, maisons, villages et toutes bâtisses du passé, toujours en « vie », visibles ou cachés, accessibles ou non, dans leur jus… Mes coups de cœur illustrés des prises de vues de ma boite à images.

Au plaisir de vos questions, commentaires et mots doux !