Voulez-vous un café ?…

En prenant mon café ce matin, j’ai repensé à l’un des articles publié en 2016… à l’époque, dans une « grande communauté » 🤗… Et pas trop le temps d’écrire ce matin ( presque comme tous les jours d’ailleurs en ce moment… à moins que ce soit une dérobade…), donc j’ai eu l’envie de relire cet article et de vous le (re) partager ici et sur mon autre blog humeuretcreationsramaje47.fr

Bon vendredi amis d’écriture et de lecture !

cafe

« Café ? Oui je veux bien. Ou alors non, j’en ai déjà pris trois ce matin, merci. Mais c’est un mot de passe. On appartient à la même civilisation. Le pouvoir du café, c’est également cette presque indifférence surjouée avec laquelle on va le consommé, en parlant déjà, pris par le sujet. Non, pas de sucre. Presque plus jamais de sucre. C’est dans le code aussi. Maigret touillait lentement avec une cuillère, au moins deux sucres, sur le zinc. Ça faisait partie de l’enquête. »

Vous me direz, ce texte, chacun d’entre nous, aurait pu écrire sur le sujet… Plus ou moins la même chose. Les uns à côté des autres, chaque mot simple sur le café, paroles dites, banales, en rencontrant un ami, une connaissance, en arrivant au bureau, en apprenant une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour réconforter, pour draguer, pour rompre… La référence à Maigret m’a surprise, m’a ravie… Bon, c’est vrai que Maigret ne boit pas que du café.

Mais rien que ce mot « café »… J’aime…

C’est aussi le lieu des rendez-vous, des retrouvailles, des projets, des complots… Nuit et jour, sur le zinc, café, café, p’tit blanc, bière, café, alignés. Les uns parlent à ceux qui écoutent, des derniers potins, du temps qu’il fait, ou qu’il a fait ou qu’il fera… Et parfois, ceux qui écoutent donnent des nouvelles du p’tit dernier, de sa femme, de ses vieux… Mieux que certains salons guindés et froids où l’on prend l’apéro, au café on y trouve une famille, non ?

Bonjour Philippe Delerm. C’est vous qui avez écrit ces mots !

Lecteurs, je vous livre la fin du texte que je bois – comme mon café – à petites gorgées non sucré, chaudes mais pas brûlantes, avec l’envie de fermer les yeux pour retrouver les bruits des cafés parisiens fréquentés dans une autre vie…

« A présent, le serré, l’amertume, et juste ce petit moment d’arrêt de la tasse blanche au bord des lèvres. Cette façon de ne rien prendre en prenant quelque chose, c’est une politesse que l’on se doit. En deçà de la convivialité. On n’est pas ensemble mais on est avec. Avec le monde, avec le jour, et quand même un peu avec l’autre.

Ca-fé. Les deux syllabes sonnent clair et sec, passent au-dessus de la rumeur, même dans les bistros les plus bruyants. Dans les cafés. On boit un café dans un café ; On joue sa vie dans la vie. »

Tiré de « Les mots que j’aime » de Philippe Delerm , Éditions POINTS série LE GOÛT DES MOTS (hors Série), octobre 2013.

Belle journée !

La balade d’un mercredi après-midi…

Me dégourdir les jambes…

Marre de rester confinée dans la maison à cause des tonnes d’eau qui tombent du ciel… Et voilà que la mairie annonce (via mon application illiwap) le passage en vigilance JAUNE du tronçon Lot-aval… Ma maison ne risque rien pour l’instant. Je suis, m’a dit Siri (mon monsieur téléphone), à 112 m au dessus de la mer. Alors j’ai sollicité Alexa ( m’a copine dans mon Écho Dot) pour connaître la météo du jour…

Comme je suis forcée-contrainte de porter mes « emballages recyclables » dans les conteneurs prévus à cet effet sur le territoire de ma commune, je fais d’une pierre deux coups et hop, j’embarque dans mon Picasso pour trouver après la contrainte un nouveau lieu d’exploration.

Je roule au hasard comme bien souvent et me retrouve sur la route du château de Laval – mon subconscient sans doute – toujours déterminée à redécouvrir cette sacrée petite église « oubliée » de Sainte Étienne de Laval…

Comme d’habitude, pas pris mes bottes… la terre est détrempée… c’est comme ça !

Et puis, le silence, la pluie fine et intermittente, un chien qui aboie quelque part. Mon terrain d’exploration, bois morts en pagaille organisée pour ralentir ma progression, pierres taillées éparpillées nues ou habillées de mousses, où mes pieds incertains peuvent vaciller, ronces heureuses de pouvoir griffer ma peau, me tirer les cheveux, et… la tâche rouge, inaccessible…

Voilà ma découverte du jour, j’ai fini par la rejoindre. Découvrir cette petite chose, saisir le bout de bois sur lequel elle est née, a grandi et puis juste la capturer avec nom appareil photo.

Rentrée, échevelée, crottée, mouillée mais heureuse ! La vie est belle encore !

Douce journée !

Quand tu flânes, tu regardes et tu aimes…

Juste deux photos, pour partager un brin de bonheur en photos inspirantes, de paix, d’invite à rêver, et capturer ces lieux mis en scène que nous offrent un propriétaire, osant la porte entrouverte à la vue des passants, partageant ainsi leur amour des choses simples…

Latour-Marliac au Temple-sur-Lot

Découverte des bassins…

 

L’eau. Où est l’eau ? Inextricable enchevêtrement de tiges, de feuilles, de nymphéas fantômes à naître ou naissant. Une étendue vallonnée de verts, prairie de jaunes renoncule au rouge sombre de la variété « Barbara Dobbins ». Entre les feuilles, se disputent l’espace, plantes subaquatiques et herbes terrestres type chiendent, échouées là sans doute, en graine au vent ou stolons coureur.

Les vitres de la serre donnent au ciel une autre apparence.

Prêtes à éclore, il faut encore un peu de chaleur aux fleurs. Les nénuphars « Lily Pons » sont de gros boutons aux pétales apparus rose lignés de blanc. On entrevoit leur cœur aux étamines jaune soleil. Capter la lumière extérieure pour qu’elle rejaillisse de l’intérieur.

Mousse en tapis voguant proche d’un énorme pied de nymphéa. Dessus, pattes et ventre dans l’eau, comme suspendue, une grenouille verte tâchée de brun. Elle attend. Elle m’ignore. Elle chasse ? Elle pond ? Elle pense ? Elle se laisse bercer sur son tapis où ne repose qu’un doigt, est tapie elle-même, au gré des vagues de brise, l’éloignant doucement du pied monstrueux et tentaculaire, sans fleur encore. Elle ne bouge pas. Plop ! Elle a sauté.

 

Sensations éléments…

 

Le vent mauvais accompagne la pluie. Violence de l’air contre rideaux d’eau. Perles sur les feuilles perméables des nymphéas. De loin en loin, le coassement incongru capture un instant d’attention. Rit-elle sur sa feuille orbiculaire ?

Cygnes voguant en famille. Le battement des ailes annonce la fin de la toilette. La chasse commence en barbotage, le bec qui plonge, avide, suivi de la tête ; le cou suit. Clapotis particuliers, l’eau, en cercles concentriques autour de l’oiseau, témoignent de la voracité sous-marine. Les clapots sont assagis. La pluie a cessé, reste cascade volubile et inépuisable, qui raconte son histoire, pour peu qu’on veuille bien l’écouter. La rumeur est là aussi, au-dessus du bas-vent. C’est le vent de là-haut, aux cimes des arbres feuillus, dans les hauts résineux, dans les arches du clocher.

Son de cloche accrochée, suspendue, son qui tombe au fond de l’eau. Plat.

Le vent ne peut se poser sur mon visage, aussi, il me fouette en s’insinuant dans mes cheveux qui se plaquent sur mes joues, m’aveuglant puis volent et se plaquent de nouveau sur ma peau. Cheveux vol-au-vent… La pluie passagère s’enfuit, le vilain vent aussi. Apparaît Zéphyr, doux et chaud, caressant, il glisse laissant l’empreinte de baisers invisibles, celle des voix mystérieuses de la nature qui prennent le dessus sur celles des hommes…

J’ai vu le bassin de pierre, bien rond, entendu les O muets des carpes Koï qui naviguent en banc serré accompagnant mes pas, semblant me demander qui j’étais… J’ai emprunté le sentier en rive du lac, d’où déborde une végétation luxuriante de zone humide, d’où aussi s’échappent coassements de batraciens et bourdonnements de butineuses… J’ai fui la gloriette de bois où je frissonnais des claques de vent jamais arrêtées par les sages bambous. Eux, ils s’arrangeaient bien de ce déluge d’air brutal qui les faisaient s’entrechoquer, rencontre terrestre avec leurs voisins, eux qui ne se fréquentaient qu’à travers leur lacis de racines emmêlées…

Et puis, ultime refuge ( interdit hors autorisation sans doute), le deux-pièces musée où le temps s’est estompé dans l’obscurité. Juste une fenêtre de soleil éclairant un large bureau de bois sombre qui laissait voir au visiteur, de vieux papiers, témoins du commerce de Monsieur Latour-Marliac avec des gens de la bonne société de la fin du 19ème siècle amateurs de nymphéas. Deux vitrines l’une pour des papiers et diplômes divers ; l’autre, d’objets ayant vécus en d’autres temps. Pêle-mêle de verrous, plaques, loupes, papiers et notes, bocaux, jumelles, boites en métal, tant d’objets hétéroclites que je n’ai pu en faire la liste. Et puis… il flottait l’âme d’un Giverny au peintre fou de nymphéas.

  • « Il ne faut pas que l’on sache que tu es passé par là ! »

Joëlle W. – 6 juillet 2021

Le Temple-sur-Lot, le domaine Latour-Marliac.

Voulez-vous un café ?

cafe« Café ? Oui je veux bien. Ou alors non, j’en ai déjà pris trois ce matin, merci.

Mais c’est un mot de passe. On appartient à la même civilisation. Le pouvoir du café, c’est également cette presque indifférence surjouée avec laquelle on va le consommé, en parlant déjà, pris par le sujet. Non, pas de sucre. Presque plus jamais de sucre. C’est dans le code aussi. Maigret touillait lentement avec une cuillère, au moins deux sucres, sur le zinc. Ça faisait partie de l’enquête. Vous me direz, ce texte, chacun d’entre nous, aurait pu écrire sur le sujet… Plus ou moins la même chose. Les uns à côté des autres, chaque mot simple sur le café, paroles dites, banales, en rencontrant un ami, une connaissance, en arrivant au bureau, en apprenant une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour réconforter, pour draguer, pour rompre…

La référence à Maigret m’a surprise, m’a ravie… Bon, c’est vrai que Maigret ne boit pas que du café. Mais rien que ce mot « café »… J’aime…

C’est aussi le lieu des rendez-vous, des retrouvailles, des projets, des complots… Nuit et jour, sur le zinc, café, café, p’tit blanc, bière, café, alignés. Les uns parlent à ceux qui écoutent, des derniers potins, du temps qu’il fait, ou qu’il a fait ou qu’il fera… Et parfois, ceux qui écoutent donnent des nouvelles du p’tit dernier, de sa femme, de ses vieux… Mieux que certains salons guindés et froids où l’on prend l’apéro, au café on y trouve une famille, non ?

Bonjour Philippe Delerm. C’est vous qui avez écrit ces mots !

Lecteurs, je vous livre la fin du texte que je bois – comme mon café – à petites gorgées sucrées, chaudes mais pas brûlantes, avec l’envie de fermer les yeux pour retrouver les bruits des cafés parisiens fréquentés dans une autre vie…

«A présent, le serré, l’amertume, et juste ce petit moment d’arrêt de la tasse blanche au bord des lèvres. Cette façon de ne rien prendre en prenant quelque chose, c’est une politesse que l’on se doit. En deçà de la convivialité. On n’est pas ensemble mais on est avec. Avec le monde, avec le jour, et quand même un peu avec l’autre.
Ca-fé. Les deux syllabes sonnent clair et sec, passent au-dessus de la rumeur, même dans les bistros les plus bruyants. Dans les cafés. On boit un café dans un café ; On joue sa vie dans la vie. »

Belle journée !

Photos en album, une envie de partage…

 Voilà… Il est né…Depuis le temps que je voulais partager !

Après une exposition dans notre bibliothèque, j’ai osé publié… quelques unes des photos exposées, triées, choisies…Des textes soutiennent certaines photos ou non, ou permettent un cheminement vers un ailleurs… Parfois au-delà de nos « frontières ».

presentation livre expo

présentation livre expo verso

presentation livre expo double page

 

A bientôt !