
J’écris. Silence total dans la vieille maison. Vidal paresse sous la canicule. Follette et Galipette, allongées sur le flanc, occupent le sofa dans l’ombre tamisée du salon. Les fenêtres sont closes pour garder la fraîcheur. Les volets, eux, sont presque fermés laissant passer le filet de lumière indispensable à cette pénombre bienfaisante. J’adore le silence, ce silence. Mais ce jour-là, quelque chose cloche. Les chattes s’en sont aperçues elles aussi. La vieille dresse les oreilles mais reste impassible. Mais la jeune, Galipette se redresse, et me regarde. Ses yeux m’interrogent. Elle lève la tête vers le plafond. A cet instant, le soleil choisit de se cacher derrière l’unique nuage de la journée… une ombre intense envahit la maison. Au-dessus de ma tête, là où les yeux inquiets de Galipette restent fixés, on frotte, caresses rugueuses sur les planches des combles. Imperceptiblement le frottement progresse, se déplace. Galipette
s’aplatit, oreilles couchées, elle gronde en continu… Je ne bouge plus.Mon cœur bat dans ma gorge. C’est quoi… Il y a quelques années, avant que la toiture soit refaite, j’entendais les cabrioles des lérots, la nuit. Là, ça n’a rien à voir ! Plus de frottement. Les grattements deviennent insistants et je regrette la radio à tue-tête, les fenêtres ouvertes et l’air chaud de l’été. Je n’entends plus Galipette et les deux minettes sont sous la table…
Le claquement d’un volet nous surprend toutes les trois. Le soleil entre à plein dans le salon. À nouveau le silence…
Écrit le 1er septembre 2023
Publié le 20 mai 2024 en attendant le beau temps ! Il pleut tous les jours depuis des semaines…






