D’un autre temps…

Chuchotement de l'amour - William-Adolphe Bouguereau
Chuchotement de l’amour – William-Adolphe Bouguereau

Je ne peux pas aller rejoindre mon aimé
Car il pleut tant et tant que je ne verrais rien.
Je ne peux entrevoir, là-bas, les saules penchés
Sur l’onde, effleurée par les âmes qu’elle retient.

Dans ma prime jeunesse, j’allais m’y promener
Sous l’œil bienveillant de ma tendre maman.
J’y rêvais sur le banc, mes jupes ramassées,
Dans mes cheveux simplement, la chanson du vent.

Mes rêves étaient peuplés de princes et de seigneurs
Comme dans le conte ancien de la belle et la bête…
Mendiante, jeune fille prisonnière ou jeune sœur
J’étais l’une d’entre-elles, sans vivre de malheurs…

 …

Aujourd’hui, j’ai quinze ans j’ai fui mon maître.
Père a rejoint les âmes dans l’onde bouleversée
Mon cœur lui s’est vidé, et empli de mal-être
Figé sur le tableau d’une enfance achevée.

Au désespoir, j’allais sur les rives de l’étang
Chemise de nuit blanche, j’entrais dans les flots,
Pour en finir avec ce monde inquiétant.
Mes yeux pourtant, trainaient vers les si blancs bouleaux…

Je faillis un instant…Froid… Mes yeux s’entrouvrant,
Les bras puissant d’un homme me soulevaient des eaux.
Sur la berge, il me pose et effleurant ma joue,
Y pose, un baiser et me dit quelques mots…

Sa voix réveille alors mes souvenirs d’enfants
De gaies balades, de tendres confidences,
Auprès des enfants, des amis, des parents
Venant chaque année dans notre résidence.

Mon cœur, de toutes ses forces, saisit l’instant.
Et mon doux compagnon, devint mon chevalier…
C’est lui que j’attendais, dans mes contes d’enfant !
Et bientôt pour la vie, tous deux nous serons liés.

Mais je ne peux aller rejoindre mon amant
Car il pleut tant et tant .Dois-je être inquiète ?
J’ouvre grand mes volets, le vent porte son chant !
Alors je suis en paix. Il est sous la gloriette…

(Joëlle Willems-Lenne – 2013)

Au bord du ruisseau...
Au bord du ruisseau… – William-Adolphe Bouguereau

Après une longue absence… (point d’interrogation)

« Reconnaître après une longue absence la rue, la route, le village, la maison, c’est connaître à nouveau la satisfaction d’avoir une maison… »
Harold Borland (Hal Borland) (1900 – 1978) Écrivain américain

couverture  réédition lorsque meurent les légendes - Gallimard
Couverture réédition lorsque meurent les légendes – Gallimard

Cet écrivain a écrit un roman qui peut bien illustrer son propos : « When the legend die » que l’on traduit par « Lorsque meurent les légendes ». C’est l’un de ses romans écrit en 1963. Il a été réédité en 1996 chez Gallimard.

Un film de Stuart Millar, empruntant le même titre, reprend une partie du roman. Les acteurs principaux sont : Frederic Forrest, Luana Anders, Richard Widmark et Vito Scotti. Autre époque, autre lieu, mais pour le héros indien, un retour aux sources, même si c’est dans sa réserve… Je ne vous en dis pas plus !

C’est courageux de savoir revenir vers sa maison… A une époque, nos enfants étaient pressés de quitter le foyer, pressés de « vivre enfin », de voler de leurs propres ailes. Certains ont réussi et tant mieux !

Un toit sur sa tête
Un toit sur sa tête

D’autres ont échoués… Combien reviennent, osent revenir chez eux ?… Combien sont accueillis, combien sont rejetés ? L’échec combiné au rejet… Imaginez la suite…

Aujourd’hui, mon humeur est grise et je pense à ces jeunes sans foyers et aux sans abris en général… L’automne les accueille avec encore, soleil tiède et nature généreuse. Mais dans les villes ?
Qu’ont-ils dan la tête ? Les souvenirs d’un foyer ? D’une vie heureuse ? Je connais quelqu’un qui en sait un peu plus que moi… Vous connaissez Pascale-Madeleine ? Non ? Alors faites un p’tit tour chez elle

Bandeau blog de Pascale Madeleine
Bandeau blog WordPress de Pascale Madeleine

Belle journée !

 

Chez la vieille dame ma maison, la vieille chambre…

Dialogue avec la vieille dame…

En juin, l’an passé, je te demandais 
Si tu étais contente de tes nouvelles baies…

L'abat-jour fuschia, couleur en attente
L’abat-jour fuschia, couleur en attente

« Alors, ma vieille amie, que dis-tu ?
De ces nouvelles baies, qu’en penses-tu ?
Je te laisse, envers et contre tout,
Tes volets de bois peints en bleu doux. »

Aujourd’hui, tu l’as vu et ressenti aussi,
J’aborde le dedans qui lui aussi a vieilli…

Alors hommage à Francine, qui chez moi est venue
Avec outils et pinceaux, rajeunir et mettre à nu
Les murs de la chambre ou dans mon lit j’aime à rêver
Et sur le sofa prendre un livre et très loin m’absenter…

Je soupçonne ma cadette, de savoir parler aux murs…
– Vous souriez ? … Mais, au sens propre, bien sûr !

Car soigneuse, minutieuse et caressante
Elle sait s’y prendre et je deviens obéissante.
Et alors, trop heureuse de te voir rajeunir
Je gratte et ponce et peins avec sourire.

J’ai donc choisi pour toi, un joli camaïeu
Que l’on nomme « fleur de sel ». Très soyeux…
A tes murs que certains avaient souillés
Nous avons restitué la noblesse du passé.

Les meubles désuets, de famille, eux aussi,
Du ton le plus soutenu, ont été embellis.
Reste plus aujourd’hui qu’à animer la gamme
De notes colorées, personnelles et de charme…

Je te livre en vers, lecteur fidèle, un coin d’intimité
Ecris sur la terrasse en buvant mon café…
Et toi, chère vieille Dame qui abrite mes songes…
Je devine ta joie… En fait, point de mensonge :

... Et je deviens faunesse
… Et je deviens faunesse…

Tu lis en moi grâce à mes pensées, mes rêves
Que filtre encore ta robe neuve, sans trêve…
Tu restitues aussi des fragments de ta jeunesse
Qui s’insinuent en moi. …Et je deviens faunesse…

Douce journée dans les brumes naissantes des premiers jours d’automne !

Aquarelliste…

L'église noyée dans la brume
L’église noyée dans la brume

Oh ! Ne pas vous tromper,
Cette vue embrumée
Est celle d’un matin…
Et chez moi n’est pas loin.

Pour cette fin de semaine,
Là où les brumes traînent
Je vous offre ces vers
Avant que vienne l’hiver.

Un poème pour rêver,
Imaginer, traîner,
Dans un autre univers,
Celui d’Apollinaire…

À Mademoiselle Yvonne M…

Yvonne sérieuse au visage pâlot
A pris du papier blanc et des couleurs à l’eau
Puis rempli ses godets d’eau claire à la cuisine.
Yvonnette aujourd’hui veut peindre. Elle imagine
De quoi serait capable un peintre de sept ans.
Ferait-elle un portrait ? Il faudrait trop de temps
Et puis la ressemblance est un point difficile
À saisir, il vaut mieux peindre de l’immobile
Et parmi l’immobile inclus dans sa raison
Yvonnette a fait choix d’une belle maison

Yvonnette a fait le choix d'une belle maison...
Yvonnette a fait le choix d’une belle maison…

Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.
Derrière la maison s’étend un paysage
Paisible comme un front pensif d’enfant heureux,
Un paysage vert avec des monts ocreux.
Or plus haut que le toit d’un rouge de blessure
Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s’azure.
Quand j’étais tout petit aux cheveux longs rêvant,
Quand je stellais le ciel de mes ballons d’enfant,
Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,
Des paysages verts avec la maisonnette,
Mais au lieu d’un ciel triste et jamais azuré
J’ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

Guillaume Apollinaire, Alcools

Les vieilles maisons, pensais-je…

La souillarde - Journées du patrimoine 2012
La souillarde – Journées du patrimoine 2012

« Les vieilles maisons, pensais-je, n’appartiennent pas aux gens, en fait, ce sont les gens qui leur appartiennent. »

Gladys Taber (1899-1980)
Archéologue et écrivain américain.

J’aime bien cette idée d’appartenance à une maison… Une façon rassurante pour pouvoir s’ancrer dans un terroir. Je crois que cette maison m’a adopter depuis peu…

Je laisse vagabonder mes yeux sur ses murs tordus, admirative des maçons qui l’on faite ainsi tenir, durant des décennies et qui, si elle le veut, tiendront encore longtemps. Et pour la guérir des ses maux, je me risque à la « déshabiller ».

Le pas de porte de pierres usées
Le pas de porte de pierres usées

Et, j’ose ôter son carrelage usé et moderne ; elle me livre son sol ancien… Des carreaux de terres cuites. Avec eux, elle fait renaître les bruits, ceux du fond de ses temps, le claquement d’un sabot, puis, un frottement sur la surface rugueuse d’un pas, un peu traînant, usant jour après jour, la terre rose… Enfin, les yeux mi-clos, je perçois le parfum des foins, ceux d’une jonchée foulée par les pieds jeunes et nus des enfants du passé.

La maison me livre doucement ses souvenirs.

 

(Site de l’Ermitage de Boyer à Trentels – Ouvert à la visite lors des journées du patrimoine 2012).

Sur mon réseau Orange… Panne !

Animation dans l'une des bibliothèques du réseau de Lot-et-Garonne
Animation dans l’une des bibliothèques du réseau de Lot-et-Garonne

C’est de la petite bibliothèque de mon village que je vous écris ces quelques mots…

Bien à l’abri dans ces murs municipaux, elle accueille petits et grands…

On y vient bavarder avec les copines de permanence, on y fait des projets pour les futurs achats, les échanges à la Bibliothèque départementale, on y créé les expositions pour les journées du patrimoine… Bref, on y vit !

C’est aussi le lieu semi-public, où Internet ouvre ses portes. Alors, j’entre-baille le portail et me glisse dans mon univers pour vous prier de me pardonner de ne pas vous répondre…

Peut-être mardi… Rétablissement de la ligne ???

En attendant, bon week-end et à bientôt…