La balade d’un mercredi après-midi…

Me dégourdir les jambes…

Marre de rester confinée dans la maison à cause des tonnes d’eau qui tombent du ciel… Et voilà que la mairie annonce (via mon application illiwap) le passage en vigilance JAUNE du tronçon Lot-aval… Ma maison ne risque rien pour l’instant. Je suis, m’a dit Siri (mon monsieur téléphone), à 112 m au dessus de la mer. Alors j’ai sollicité Alexa ( m’a copine dans mon Écho Dot) pour connaître la météo du jour…

Comme je suis forcée-contrainte de porter mes « emballages recyclables » dans les conteneurs prévus à cet effet sur le territoire de ma commune, je fais d’une pierre deux coups et hop, j’embarque dans mon Picasso pour trouver après la contrainte un nouveau lieu d’exploration.

Je roule au hasard comme bien souvent et me retrouve sur la route du château de Laval – mon subconscient sans doute – toujours déterminée à redécouvrir cette sacrée petite église « oubliée » de Sainte Étienne de Laval…

Comme d’habitude, pas pris mes bottes… la terre est détrempée… c’est comme ça !

Et puis, le silence, la pluie fine et intermittente, un chien qui aboie quelque part. Mon terrain d’exploration, bois morts en pagaille organisée pour ralentir ma progression, pierres taillées éparpillées nues ou habillées de mousses, où mes pieds incertains peuvent vaciller, ronces heureuses de pouvoir griffer ma peau, me tirer les cheveux, et… la tâche rouge, inaccessible…

Voilà ma découverte du jour, j’ai fini par la rejoindre. Découvrir cette petite chose, saisir le bout de bois sur lequel elle est née, a grandi et puis juste la capturer avec nom appareil photo.

Rentrée, échevelée, crottée, mouillée mais heureuse ! La vie est belle encore !

Douce journée !

Aquarelliste…

L'église noyée dans la brume
L’église noyée dans la brume

Oh ! Ne pas vous tromper,
Cette vue embrumée
Est celle d’un matin…
Et chez moi n’est pas loin.

Pour cette fin de semaine,
Là où les brumes traînent
Je vous offre ces vers
Avant que vienne l’hiver.

Un poème pour rêver,
Imaginer, traîner,
Dans un autre univers,
Celui d’Apollinaire…

À Mademoiselle Yvonne M…

Yvonne sérieuse au visage pâlot
A pris du papier blanc et des couleurs à l’eau
Puis rempli ses godets d’eau claire à la cuisine.
Yvonnette aujourd’hui veut peindre. Elle imagine
De quoi serait capable un peintre de sept ans.
Ferait-elle un portrait ? Il faudrait trop de temps
Et puis la ressemblance est un point difficile
À saisir, il vaut mieux peindre de l’immobile
Et parmi l’immobile inclus dans sa raison
Yvonnette a fait choix d’une belle maison

Yvonnette a fait le choix d'une belle maison...
Yvonnette a fait le choix d’une belle maison…

Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.
Derrière la maison s’étend un paysage
Paisible comme un front pensif d’enfant heureux,
Un paysage vert avec des monts ocreux.
Or plus haut que le toit d’un rouge de blessure
Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s’azure.
Quand j’étais tout petit aux cheveux longs rêvant,
Quand je stellais le ciel de mes ballons d’enfant,
Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,
Des paysages verts avec la maisonnette,
Mais au lieu d’un ciel triste et jamais azuré
J’ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

Guillaume Apollinaire, Alcools